CARTOGRAPHIE DU PROJET DE RECHERCHE:

 

Présentation du processus d'amélioration permanente du projet AFC:

Le projet est classé comme projet innovant par le Rectorat de Poitiers:

  • Radar contextuel du projet: Voici une présentation schématique du contexte de ce projet expérimental, selon le radar contextuel établi par les CARDIE (les conseillers académiques en recherche-développement, innovation et expérimentation) qui nous suivent dans l’évaluation de ce projet expérimental.

         

        Classement des indicateurs contextuels du projet expérimental AFC  selon le radar du CARDIE :

             N°1:

  • L'ÉVALUATION DES ACQUIS DES ÉLÈVES = 2.5/3

En effet, ce projet est accompagné et soutenu par une évaluation doctorale et une évaluation du socle de compétences des jeunes.

  • LE LEADERSHIP PÉDAGOGIQUE ET ÉDUCATIF = 2.5/3

Ce projet fait partie intégrante de l’établissement et de son fonctionnement, pour qu’à terme, il soit définitivement intégré dans les programmes de l’établissement, au vue d’une généralisation du dispositif à d’autres collèges de la région et de France.

            N°2 : LE CLIMAT SCOLAIRE = 2.4/3

Il s’agit de l’un des objectifs principaux de ce projet d’établissement que de favoriser le bien-être des collégiens et des familles au sein du collège ainsi que de lutter contre le décrochage scolaire. Nous cherchons aussi à fédérer l’équipe éducative et administrative du collège autour d’un projet commun dans l’intérêt des jeunes.

            N°3: L'AMBITION SCOLAIRE = 2.2/3

L’un des éléments qui nous tient à cœur est la valorisation des jeunes au travers du projet et par la  mise en pratique « des arts de faire culinaires ». Nous souhaitons valoriser les métiers de l’agriculture, de l’agroalimentaire, les métiers de bouche… pour aider les jeunes dans leurs orientations professionnelles futures.

            N°4 : LES APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX = 2/3

Nous cherchons à fédérer l’équipe éducative afin de rendre cohérent les programmes des différentes matières autour d’un projet fédérateur, afin que les professeurs de chaque matières puissent se greffer au projet, revisiter leurs programmes en classe et monter des projets d’activités communes entre différentes disciplines, permettant de favoriser le travail inter et pluridisciplinaires.

Ensuite, afin d’évaluer les bénéfices d’une éducation des collégiens (de la 5° à la 3°) aux « arts de faire culinaires » à l’interface entre l’école, la famille et l’univers marchand, nous analysons comment elle transforme « l’agency» des adolescents en matière de pratiques alimentaires.

Par « agency », mot difficile à traduire, nous entendons en suivant James (2009), une capacité d’agir qui va au-delà de la simple posture d’« agent » agi – en particulier par les dispositifs marchands -, mais qui permet à l’enfant de développer sa réflexivité pour devenir un « acteur » de sa propre consommation (en référence à Mayall, 2002 et 2007 et Giddens, 1987).


Le changement introduit par le biais du projet AFC se traduit en de véritables dispositifs de « développements professionnels » continus, dont on peut tracer les petits pas au sein de cet établissement :

  • Organiser des débats sur les enjeux et fondements des plans d’études, sur les conceptions de la formation, mise en place d’un groupe de pilotage de projet expérimental,
  • Co-construire d’un projet ambitieux avec d’autres établissements scolaires,
  • Reconnaître le temps de concertation comme temps de travail et de formation,
  • Soutenir une dynamique de projets innovants, mettre à disposition un système à ressources,
  • Encourager la description et l’analyse des pratiques, favoriser l’écriture sur le travail de développement par une recherche action longitudinale,
  •  Procéder systématiquement à des évaluations internes des pratiques, des dispositifs et de leurs effets par la recherche doctorale et par un système d’évaluation interne des compétences acquises par les élèves,
  • Fournir aux équipes les moyens d’analyser les blocages inhibiteurs et les routines défensives et les moyens de s’améliorer (autoévaluation collective avec accompagnement externe),
  •  Favoriser l’autonomie par une démarche débouchant sur la définition de priorités de la formation.

Parler de développement de projet innovant permet de porter l’attention sur des compétences plus particulièrement amplifiées, telles que :

- l’associativité,

- le questionnement,

- l’observation,

- l’expérimentation,

- le réseautage.

Résultats de la première année d'évaluation du projet AFC:

Dans le cadre de l’évaluation du projet « Initiation aux arts de faire culinaires » ce rapport de recherche annuel démontre les premiers bénéfices du projet sur les collégiens de 5ème, dans le cadre du collège et du foyer. Après une observation de chacun des ateliers, le traitement des carnets de bord parents-élèves et les bilans réalisés par les élèves à la fin de chaque atelier, voici les résultats finaux de cette première année de recherche, suite aux focus group réalisés avec tous les élèves de 5ème (soit 76 individus) au mois de juin 2014.Dans ces résultats, nous obtenons à la fois des données qualitatives mais aussi des données quantitatives, ce qui nous permettra d’apprécier l’évolution de ces jeunes tout au long du projet en fonction des indicateurs et thématiques préétablis.

Globalement, pour ce qui est des bénéfices du projet pour eux, ils font essentiellement allusion à la pratique des « arts de faire culinaires » découverte lors des ateliers de cuisine, d’éveil sensoriel et de culture pub et reproduite dans le cadre du foyer, ce qui signifie donc que le projet, après une année d’existence, a un impact direct sur les pratiques des jeunes dans le cadre familial, ce qui va bien au-delà de nos espérances, après seulement une année de mise en place du projet. Il nous reste encore à confirmer ces éléments grâce à des entretiens individuels approfondis que nous conduirons l’année prochaine avec les familles des jeunes.

CONCLUSION

A l’issue de cette première année de projet, nous pouvons déclarer que nous avons atteint presque 95 % des objectifs que nous nous étions fixés dans le cadre des ateliers du niveau 5ème. Pour ce qui est des résultats que nous attendons sur 3 ans, nous constatons déjà sans difficulté les bénéfices de ce projet sur les jeunes dans le cadre scolaire et familial et au-delà de ce que nous imaginions. Ainsi, nous avons mis « en mouvement », 70 % des résultats que nous souhaitons atteindre au terme de ce projet. Il nous reste donc encore 2 ans pour parcourir le reste du chemin.

En conclusion, le projet AFC veut agir sur : le climat scolaire, l’ambition scolaire et développer l’esprit critique des jeunes quant à l’alimentation. On constate que nous avons atteints les principaux objectifs quant au comportement alimentaire des jeunes tels : moins de réticence à l’égard des aliments « difficiles », meilleure appréciation de la restauration scolaire, ainsi qu’une nouvelle manière de valoriser les jeunes en difficultés scolaires. Ainsi, les pratiques des adolescents (que nous voulons faire évoluer) sont co-construites avec les représentations des adultes concernant les sociabilités des adolescents : les adultes ont des préjugés et des craintes, les jeunes ont le désir de s’autonomiser et de se responsabiliser, le groupe de pairs produit divers cadres d’apprentissages informels, les fantasmes alimentaires agissent… Dans cette co-construction, on ne peut pas se contenter d’informer les jeunes sur les bonnes pratiques alimentaires à adopter. Il faut mettre en place des dispositifs d’actions combinées et d’aide à la conscientisation des pratiques : éducation pratique multifacettes (cours de cuisine, éveil sensoriel, culture pub, etc..) afin de prétendre pouvoir agir sur leurs pratiques familiales et individuelles, quotidiennes, à long terme, tel est l’ambition du projet AFC.

Actualité de la recherche:

Les bénéfices d'une éducation des collégiens aux "arts de faire culinaires" : analyse des rapports entre l'école, la famille et l'univers marchand. : Projet pilote d'éducation à la consommation au collège.

 

Ce projet de recherche de 3 ans consiste à évaluer les bénéfices d’une éducation des collégiens (de la 5° à la 3°) aux « arts de faire culinaires » à l’interface entre l’école, la famille et les discours marchands, en analysant comment elle transforme « l’agency» des adolescents en matière de pratiques alimentaires.

L’évaluation de cette recherche est fondée sur la réflexivité des jeunes vis-à-vis de leurs pratiques et compétences alimentaires. La recherche est centrée sur les représentations alimentaires qui sont explorées à travers les discours produits par les enfants à propos de leurs propres pratiques alimentaires (mise en discours de leurs pratiques et auto-analyse de leur montée en compétence à propos de l’alimentation).

Cette recherche s’inscrit dans un vaste projet d’éducation mis en place sur 3 années au Collège Marguerite de Valois (Angoulême) comprenant de la pratique culinaire, de l’éveil sensoriel et de l’analyse de discours marchands… de façon à ce que les adolescents acquièrent une plus grande conscience de certains enjeux liés à la consommation de produits alimentaires. Le but est de leur donner les clés d’une alimentation plus saine, raisonnée et autonome afin de les rendre acteurs de leur alimentation, de leur redonner la possibilité de construire et d’analyser leurs choix alimentaires.

Cette recherche aboutira à proposer un guide méthodologique pour assurer la reproductibilité de cette initiative dans d’autres collèges Français.

Ce projet regroupe une série d’acteurs légitimes et complémentaires : l’équipe pédagogique du Collège Marguerite de Valois, Le Club Experts Nutrition et Alimentation, Le Centre Européen des Produits de l’Enfant de l’Université de Poitiers, L’IREPS, L’Atelier Santé Ville d’Angoulême, le Centre Social du quartier.

Le projet est financièrement soutenu par : la DRAAF Poitou-Charentes, Le Conseil Général de la Charente, La région Poitou-Charentes, Le Fond Européen Agrimer, le Fonds Français Alimentation Santé et la Fondation de France.

  • Données recueillies (qualitatives et quantitatives) dans le cadre de cette 1ère année de recherche action : niveau 5ème :

- 6 focus group de 12 à 14 élèves : soit environ 80 élèves de 5ème

- Entretiens informels avec les élèves/ agents de services/ personnels administratifs/professeurs

- 11 observations terrains : observations et prise de notes pour chacun des ateliers et lors des réunions bilans parents-élèves-partenaires-projet

- Traitement des données des carnets de bord 5ème : 5 ateliers cuisine * 90 élèves

- Traitement des bilans élèves en fin de chaque atelier : 9 bilans * 90 élèves

- Traitement questionnaires baromètres rentrée (90 parents de 5ème et 335 élèves du collège)

- Traitement questionnaires T0 et T1 des ateliers d’éveil sensoriel

- Analyse des travaux des élèves : cartes mentales, projection, exercices de réflexivité, création d’affiches publicitaires, activités…

- Photos et vidéos des ateliers

- Photos des préparations refaites à la maison envoyées par les jeunes

- Recueil d’emballages de la consommation du quotidien des jeunes

  • Données à recueillir lors de la seconde année : niveau 4ème

- 6 focus group de 12 à 14 élèves : soit environ 80 élèves de 4ème

- Entretiens informels avec les élèves/ agents de services/ personnels administratifs/professeurs

- Entretiens approfondis individuels avec les parents des élèves de 4ème

- Environ 6 observations terrains : observations et prise de notes pour certains des ateliers et lors des réunions bilans : 2 réunions bilans parents-élèves-partenaires-projet, les gastronomades, l’atelier « course d’orientation et Manger/Bouger », 4 clubs cuisine, et 1 à 3 activités annexes)

- Recueil de données par journaux de bord complétés par le professeur d’art plastique pour les 4 ateliers « arts de la table »

- Traitement des données des carnets de bord 4ème : 7 ateliers « arts de la table »* 90 élèves + 3 fiches box pour les ateliers « club cuisine »

- Traitement des bilans élèves 4ème en fin de chaque atelier : 10 bilans * 90 élèves

- Traitement des questionnaires baromètres rentrée (90 parents de 4ème et 180 élèves du collège : 5ème et 4ème)

- Analyse des travaux des élèves : exercices de réflexivité, création d’emballages, productions (nature morte, accumulations & slogans…)

- Photos et vidéos des ateliers

- Photos des préparations refaites à la maison

- Recueil d’emballages de la consommation du quotidien des jeunes

- Expérimentations par dyade de 2 élèves de 4ème : travaux sur la réflexivité et la capacité de remobilisation des acquis

Évaluation et suivi du projetSYNTHÈSE travail doctoral 21_10_13.pdf (562852)

 

SUIVI, ÉVALUATION ET DIFFUSION DES RÉSULTATS

Le suivi des effets éducatifs et l’évaluation de l’impact du projet pilote sur le comportement et les représentations alimentaires et marchandes des collégiens de 5ème ainsi que leurs familles selon des critères co-construits avec le avec le groupe de pilotage permet d'aboutir à préciser les conditions dans lesquelles ce type de projet pilote pourrait faire l’objet d’une large appropriation par d’autres établissements scolaires français.

 

PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE DOCTORALE PERMETTANT D’EFFECTUER

LE SUIVI, L’ÉVALUATION DU PROJET ET DE PREPARER LA DIFFUSION DES RÉSULTATS

Les partenaires impliqués dans le projet ont sollicité le Centre Européen des Produits de l’Enfant, unité spécialisée d’enseignement et de recherche du laboratoire CEREGE EA 1722 de l’Université de Poitiers pour prendre en charge le suivi du déroulement du projet ainsi que l’évaluation des transformations que ce dernier est susceptible d’induire dans les représentations alimentaires des collégiens et de leurs familles. En effet, dans le cadre du Programme National de Recherche sur l’Alimentation (PNRA), l’équipe de recherche du CEPE a été responsable scientifique entre 2007 et 2010 d’un projet ANR intitulé : « La consommation enfantine d'aliments ludiques : analyse des tensions entre plaisir, risques et éducation » et a organisé à Angoulême le colloque international « Funfood conference ».

La stratégie de recherche a été définie avec l’ensemble des partenaires du projet dans un souci de coordination de l’ensemble des actions menées par chacun des partenaires de ce projet. Ainsi, il a été convenu de construire une recherche doctorale longitudinale d’inspiration ethnographique et psychosociologique de façon à ce que la doctorante, Emilie Orliange :

- Soit pleinement impliqué dans le déroulement du projet depuis sa conception jusqu’à son évaluation et sa diffusion et soit à même de travailler en étroite relation avec l’équipe pédagogique du Collège Marguerite de Valois ainsi qu’avec les familles et les éducateurs sociaux.

- Incarne un rôle de médiateur entre l’école, les enfants et les familles afin de favoriser l’intégration des familles dans le projet (par la participation de la doctorante aux ateliers cuisine pour les parents organisés par le centre social du quartier et par la participation à des repas au domicile  des familles). Ensuite, l’aide à la tenue d’un carnet de bord qui accompagnera la boite à lunch faisant perdurer ce lien avec les familles tout au long du projet.

- Aboutisse en lien avec les acteurs de l’inspection académique et du Conseil national de l'innovation pour la réussite éducative, à la création d’un guide méthodologique précisant les conditions d’une diffusion des résultats les plus significatifs de ce projet pilote à d’autres établissements scolaires

 

La problématique retenue pour ce travail doctoral est : « Les bénéfices d’une éducation des collégiens aux « arts de faire » culinaires : analyse des rapports entre l’école, la famille et l'univers marchand… » L’originalité de la recherche consiste à ouvrir une alternative aux approches d’éducation nutritionnelle ou aux classes du goût - car si ces dernières apportent des connaissances aux enfants, elles restent souvent très éloignées des sociabilités alimentaires (goûters, lunch box, cantine, etc.) que ces derniers pratiquent – dans le but de susciter et d’accompagner la participation de l’enfant à la préparation des repas sous la bienveillance d’un adulte (parent, enseignant ou éducateur). Initier le collégien à pratiquer les « arts de faire culinaires » en lien avec sa vie quotidienne - le préparer à mener une vie autonome et saine.

 

Calendrier prévisionnel sur 3 ans

 

 

EVOLUTION DE LA RECHERCHE:

 

La recherche consiste à étudier une alternative complémentaire aux approches d’éducation nutritionnelle ou aux classes du goût (aspects également intégrés dans notre projet) - car si ces dernières apportent des connaissances aux enfants, elles restent souvent très éloignées des sociabilités alimentaires (goûters, lunch box, cantine, etc.) que ces derniers pratiquent.

Si certains aspects de l’éducation alimentaire peuvent être dispensés à l’école (éducation sensorielle, information nutritionnelle, etc.), cette éducation doit être relayée par les familles et le restaurant scolaire pour organiser la continuité des expériences culinaires quotidiennes de l’enfant. Ainsi, notre recherche se focalise sur « les arts de faire culinaires » découverts au collège et ensuite repris au sein de la famille. Dans ce but, le projet organise un pont entre le foyer et le monde scolaire afin de relier les savoirs scolaires et les pratiques familiales et de construire un continuum d’apprentissage pour le jeune. Les outils utilisés à cet effet sont : le carnet de bord, des photos prises par les jeunes des préparations refaites à la maison, des photos des cuisines et frigos des foyers des jeunes, etc.

En effet, le  projet « arts de faire culinaires » a pour but d’éveiller chez les jeunes (et leurs parents) une curiosité vis-à-vis de la filière agro-alimentaire et d’ancrer certains réflexes de prudence vis-à-vis de l’alimentation, afin que les jeunes deviennent plus autonomes et acteurs de leur consommation. Si dans la foulée de la sociologie de l’enfant (James & Prout, 1990) on considère l’enfant comme un acteur de sa propre socialisation (sans nier les contraintes sociales qui formatent cette agency), la participation, à des activités ordinaires semble être la modalité essentielle de l’apprentissage dans la vie quotidienne (Brougère, 2009). En participant  à des activités ordinaires telles la cuisine, l’enfant est guidé pour apprendre, dimension essentielle que le vocable de socialisation occulte parfois.

Dans un souci de coordination de l’ensemble des actions menées par chacun des partenaires de ce projet (IREPS, DRAAF, CEPE, CENA, Collège…), la méthodologie ainsi que le processus d’évaluation de la recherche ont été définis avec l’ensemble des partenaires du projet.

Notre proposition consiste à évaluer les bénéfices d’une éducation des collégiens (5° à la 3°) aux « arts de faire culinaires » à l’interface entre l’école, la famille et les discours marchands, en analysant comment elle transforme « l’agency[1] » des adolescents en matière de pratiques alimentaires. Selon la méthode d’inspiration Vygotskienne que nous avons retenue, c’est par les discours réflexifs produits par les adolescents eux-mêmes à propos de l’évolution de leurs pratiques alimentaires, que nous pourrons analyser les changements et les acquis liés à la participation à des activités ordinaires. Il s’agira de montrer comment la réflexivité des enfants c’est enrichie au cours de ce projet en termes de :

- enrichissement du vocabulaire à propos de l’alimentation (qualifier les goûts, textures, saveurs, les éléments de cuisine, qualifier des pratiques culinaires, les arts de la table…),

- apprentissage sur la nutrition et l’alimentation, l’importance de l’origine et la composition des produits, la saisonnalité des fruits et légumes, les circuits d’approvisionnement des produits,

- développement de l’esprit critique vis-à-vis du monde marchand (marques, publicités, labels, étiquetages…).

Nous cherchons donc  à mettre en lumière sur quelles bases les enfants construisent cette réflexivité sur leurs pratiques alimentaires : maîtrise de certains enjeux autour d’une alimentation plus saine et gain d’autonomie dans la construction de leurs choix alimentaires. Cela renvoie à des questions importantes relatives à l’action collective ou aux enfants comme acteurs collectifs, pour mieux comprendre la façon d’agir des jeunes.

Globalement sur les 3 années, nous cherchons à analyser comment les jeunes parlent de leurs compétences et de leurs vulnérabilités dans leurs pratiques alimentaires. La construction d’une capacité réflexive à propos des pratiques alimentaires : comment les jeunes sont capables de reconnaitre les bénéfices d’un apprentissage alimentaire complet (pratique de la cuisine, éducation à la consommation, éveil sensoriel, éducation à une alimentation saine, raisonnée et aux cultures culinaires…)

En effet, pour ce qui est des pratiques à l’école, elles sont directement observables dans le cas d’un protocole d’observation. Pour ce qui est de la mise en pratique dans les foyers et du changement de ces pratiques dans la vie des jeunes, seule la réflexivité (par des entretiens collectifs et individuels approfondis avec les jeunes et des familles) que nous pourrons savoir si les jeunes ont acquis un certains nombres de compétences et de réflexes de prudence vis-à-vis des sollicitions du monde marchand.

 

          SYNTHÈSE DES MÉTHODES D’ÉVALUATION COMBINÉES DE LA RECHERCHE :

Ainsi, une recherche action longitudinale sera mise en place sur 3 années accompagnée de :

Une partie quantitative :

-          Des questionnaires et des panels à destination des parents et des enfants de 5ème, reproduit sur 3 ans afin d’observer et d’évaluer l’évolution des attitudes et des compétences des répondants suite à l’introduction du projet pilote « Initiation aux arts de faire culinaires »

Une partie qualitative :

- Des observations avec les enfants dans divers lieux de production et de distribution alimentaire (Jardins pédagogiques, le marché de plein air du quartier, grande Surface de proximité) et pendant les ateliers cuisine…

- Des entretiens collectifs et individuels auprès des parents lors : d’ateliers cuisine organisés par le centre social du quartier ; lors des rencontres au collège notamment pour les portes ouvertes de juin et réunion bilan groupe pilotage-parents et à l’occasion d’entretiens approfondis avec 6 à 8 familles.

- Des entretiens collectifs et individuels auprès des enfants lors des visites des points de ventes, lors des différents ateliers cuisine et lors de focus groups ( lors des ateliers « culture pubs » pour développer l’esprit critique des jeunes face aux publicités et marques alimentaires et lors d’entretiens approfondis pour leur faire exprimer leur réflexivité sur leurs propres pratiques alimentaires et leurs évolutions.)

- La tenue d’un carnet de bord qui retrace l’appréciation familiale des préparations faites par les jeunes pendant les ateliers et qu’ils ont apportées chez eux grâce à la boite lunch.


[1] Par « agency », mot difficile à traduire, nous entendons en suivant James (2009), une capacité d’agir qui va au-delà de la simple posture d’« agent » agi – en particulier par les dispositifs marchands -, mais qui permet à l’enfant de développer sa réflexivité pour devenir un « acteur » de sa propre consommation (en référence à Mayall, 2002 et 2007, James & Prout, 1990 et Giddens, 1984).

 

James A. (2009) Agency, pp. 34-46, in J. Qvortrup, W.A. Corsaro, M-S, Honig (Eds.), Handbook of Childhood Studies. London: Palgrave Macmillan.

James A. & Prout A. (Eds.) (1990). Constructing and Reconstructing Childhood. London: Falmer Press.

Mayall B. (2002). Towards a Sociology of Childhood. Buckingham: Open University Press.

Mayall B. (2007). Sociologie de l’enfance, pp. 77-102, in G. Brougère & M. Vandenbroeck, Repenser l’éducation des jeunes enfants, Bruxelles: PIE/Peter Lang.

Giddens A. (1987). La constitution de la société - Eléments  de la théorie de la structuration, Presses Universitaires de France, Coll. Sociologies, Paris.

 

 

 

De l’élève au consommateur averti

 

Dans le cadre de cette recherche nous mettons l’école en relation avec le foyer, mais sans omettre  le lien avec l’univers marchand au sens large (marques, publicités, labels, procédures de certification et de traçabilité…).

Nous considérons que l’enfant vit dans une société de consommation et que le collège ne peut s’extraire de cette réalité marchande omniprésente. En effet, les jeunes naissent dans une société de consommation de masse – ou postmoderne pour certains -  et il serait illusoire d’ignorer la présence de l’univers marchand (marques, publicités…) au sein même du collège et dans la vie quotidienne des jeunes.

C’est pourquoi, nous partons du postulat selon lequel l’école a un véritable rôle à jouer dans l’éducation à la consommation des adolescents d’aujourd’hui. Les enseignants doivent apporter les connaissances et compétences nécessaires à l’enfant pour accroître ses capacités d’agir ou de réagir dans cet univers marchand complexe.

Ainsi, par l’analyse réflexive des discours des jeunes, nous pourrons aussi comprendre si, par la mise en place de ce projet, ils ont développé une meilleure connaissance de l’univers marchand qui les entoure les sollicite.

Cette recherche s’inscrit dans un projet d’éducation formelle à la pratique culinaire de façon à ce que les adolescents acquièrent une plus grande conscience de certains enjeux liés à la consommation de produits alimentaires. Le but est de leur donner les clés d’une alimentation plus saine, raisonnée et autonome afin de les rendre acteurs de leur alimentation, de leur redonner la possibilité de construire et d’analyser leurs choix alimentaires.

Ainsi, l’un des 3 objectifs stratégiques du projet de recherche est de conduire les collégiens à décrypter les discours marchands (publicités et marques) à propos de l’alimentation et analyser l’évolution de leurs représentations de l’alimentation et leur compréhension ces discours, ceci dans le cadre de l’atelier « culture pubs » afin de les aider à devenir des consommateurs plus avertis et à avoir une consommation plus raisonnée. Voici une description de l’activité « culture pubs » qui sera mise en place en Mars 2014 en parallèle de l’atelier cuisine « plats revisités ».